« De 1530 à 1535, Jacques Chesnel, sieur des Reaux en Saintonge, gouverneur des ville et château de Cognac, acheta des héritiers de Jacques Adam la terre de Cherves, dont le logis était situé dans le bourg non loin de l’église » (P. Lacroix, L’Angoumois occidental, p. 111) – Gabriel Maître (Cherves, qui es-tu ?, s.d.) situe cet hébergement entre l’église et la fontaine Saint-Vivien.

Les Chesnel, venus comme les Puyrigault du Petit Angoumois, prirent ainsi pied près de Cognac sans délaisser leurs premières possessions. À Moings, terre de l’ancêtre Louis, s’était ajouté en 1454 Meux par le mariage d’un autre Jacques avec Béatrice, fille de Renaud de Sainte-Maure, seigneur de Jonzac. Le gouverneur de Cognac, avant d’acheter Cherves, avait acquis Réaux et, un siècle après lui, son descendant Josias y avait même ajouté Saint-Maurice de Tavernole. Moings, Meux, Réaux, Saint-Maurice : quatre paroisses se touchant, mais qui ne formèrent pas un bloc puisque les Chesnel se divisèrent durablement en deux branches après 1500 : une branche de Meux qui fournit notamment un grand trésorier de l'Ordre de Malte et Judith, qui épousa en 1597 Pierre du Gua, gouverneur de l'Acadie et un des fondateurs du Canada, et une branche de Réaux – celle qui nous intéresse.

Cependant, cette branche fut attirée à Cognac, trouvant à s’employer auprès du comte d'Angoulême, roi de France. Après Jacques, gouverneur donc des ville et château de Cognac de 1515 à 1552 (?), son fils devint homme d'armes (maréchal des logis) de Charles de Coucy, seigneur de Burie et lieutenant général pour la Guyenne au début des guerres de religion – le modéré que vitupérait Montluc, et l'inventeur du simultaneum. Une tradition familiale prétendait même que le premier Jacques, déjà, avait été capitaine de Cognac.

G Chesnel 1Mais ce fut le petit-fils, François († vers 1582), qui, par son mariage avec Renée de Puyrigaud († entre 1607 et 1612), devint seigneur de Chazotte, en 1573 - ou 1568 selon certains.
Leur fils Charles (1580-vers 1648) entreprit d’agrandir le domaine en rachetant Plumejeaud (1617), Mesnac et surtout La Roche de Cherves (1620) où il fit édifier Château-Chesnel – cette construction ne peut donc être datée de 1610 comme on le fait communément.


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Son fils Josias (1613-1680), devenu par son mariage seigneur d’Écoyeux et de Fouras, acquerra à son tour Vignolles et l’Isle de Mesnac (1655). Ainsi se constitua un domaine continu du pont de Saint-Sulpice au Véron.
Une fois Château-Chesnel habitable, les anciens châteaux de bord d’Antenne furent transformés en métairies : Plumejeaud, Le Courtil, Chazotte (la Métairie vieille), l’Isle...
Les Chesnel étaient soldats : Josias, par exemple, participa aux guerres de la Fronde (1651-1652), défendant Cognac et participant au combat de Tonnay-Charente. Son fils Louis fut capitaine d’infanterie. Mais les suivants subirent l’attraction de Rochefort et de la mer : ils furent capitaines de vaisseau, voire chefs d’escadre. C’est ainsi qu’on arrive au dernier seigneur de Château-Chesnel : l’amiral d’Orvilliers, époux de Marie-Anne Chesnel...

(à compléter)